Motricité libre : Laissez bébé vous prouver ses capacités
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Vers les 3-4 mois de Petit Panda, j’ai lu un livre de Magda Gerber « Your Self-Confident Baby » qu’on pourrait littéralement traduire par « votre enfant confiant ». Cette lecture m’a fascinée. Et d’ailleurs, si comme moi, vous êtes passionnée par l’éveil de votre enfant et que bien entendu, l’anglais ne vous fait pas peur, je vous le conseille vivement. Bref, ce livre a été pour moi un déclic, et j’ai commencé à mettre en place les techniques et les conseils pour permettre à Petit Panda d’évoluer dans ses mouvements librement. Les résultats étaient bluffants et j’ai pu constater à quel point mon bébé avait de la ressource et était capable d’évoluer à son rythme dans des activités spontanées. J’aimerais donc ici partager avec vous les principes, les bénéfices et quelques conseils autour de la motricité libre. Ça vous dit ? Alors, c’est parti !

La motricité libre, en quelques mots, c’est quoi ?

Un peu d’histoire pour commencer…

Tout est parti des travaux d’Emmi Pikler, pédiatre hongroise dans les années 30. Persuadée du potentiel des tout petits, elle profitait de ses visites à domicile pour observer le comportement des nourrissons. Elle s’aperçut rapidement de la faculté des bébés à développer leurs possibilités motrices si on leur en donne l’opportunité. C’est là que le concept de la motricité libre a fait son apparition. Le principe consiste à laisser l’enfant évoluer librement et franchir spontanément les étapes de son développement moteur, sans l’intervention d’un adulte. Ce dernier se contente de rester présent, d’observer, et de garantir la sécurité de son enfant.

Voilà pour la définition. Si les travaux d’Emmi Pikler vous intéressent, un article lui sera très prochainement consacré.

Mais concrètement, quels bénéfices peut-on tirer de la motricité libre ?

Les bienfaits de la motricité libre

La persévérance

Apprendre à tomber, se lever encore une fois, et aller de l’avant est la meilleure préparation pour la vie. ~ Magda Gerber

L’une des premières constatations qui est ressortie des observations liées à l’expérience de l’activité libre, c’est la volonté des tout petits de parvenir à leurs fins, d’essayer encore et encore, jusqu’à ce qu’ils parviennent à franchir une étape.

Un bébé de 2, 3 ou 4 mois, posé sur son dos, en dehors de son lit, va se montrer particulièrement actif. Il passera d’abord une bonne partie de son temps à observer ses mains, ses pieds, puis les objets qui l’entourent. Puis, poussé par un désir d’expérimentation, il cherchera à les attraper en bougeant. Il n’y parviendra pas du premier coup, c’est certain, mais poursuivra ses efforts, calmement et sans pression.

Parfois, il exprimera un peu de colère en signe de frustration, mais il n’abandonnera pas. Cela peut prendre des semaines, mais si chaque jour, vous le replacez dans le même contexte, il persévérera, jusqu’à ce qu’il trouve la solution pour attraper l’objet tant convoité. Et aucun doute là-dessus, il la trouvera.

C’est d’ailleurs l’objet du deuxième bienfait.

 

Le développement de l’intelligence

Revenons sur le moment où bébé est sur son dos, cherchant à satisfaire son désir d’attraper l’objet qui l’intéresse (une petite girafe en peluche par exemple). Il va commencer par tenter de la saisir avec la main, sans succès car la girafe est trop loin.

Hum, c’est énervant… Bébé fronce les sourcils et crie un peu. Là, on pourrait, en tant que parent être tenté de lui rapprocher la petite girafe. Après tout, un petit coup de pouce, ça ne fait pas de mal… Sauf que, si on résiste, on constatera avec plaisir que bébé est en pleine concentration. Eh, oui, il n’a pas dit son dernier mot. Il cherche lui-même une solution.

Et c’est ce qui va l’amener un jour, à se retourner pour parvenir à ses fins. Bien sûr, il y a plein d’étapes, pour lui, à passer avant d’en arriver à cette victoire. Mais ce qui est important ici, c’est de reconnaître la capacité de bébé à organiser ses pensées. Il a lui-même, sans l’aide de quiconque, réussi à résoudre son problème (attraper sa girafe). Quel exploit, non ?

Et quelle fierté. Autant pour lui, que pour vous d’ailleurs, n’est-ce pas ???? !

Evidemment, si bébé se fatigue trop ou s’il se retrouve dans une position inconfortable dont il n’arrive pas à se sortir, c’est notre rôle de parent de lui venir en aide.

 

La confiance en soi

Là aussi, ça coule de source. La fierté et la réussite vont de pair avec le sentiment de confiance. Vous-même, lorsque vous relevez un défi que vous vous êtes lancé, vous sentez bien ce sentiment de confiance vous envahir, non ?

Eh, bien, il n’y a aucune raison qu’il n’en soit pas de même pour un bébé. Au contraire, satisfait de sa récente victoire, il va se sentir motivé comme jamais pour tenter de nouvelles expériences.

En fait, donner à bébé l’opportunité de franchir les étapes motrices par lui même va l’aider à développer sa confiance dans ses propres capacités. Cette force intérieure devient alors son meilleur atout et va l’emmener sur le chemin du prochain bienfait : l’autonomie.

 

L’autonomie

Un enfant qui évolue grâce à ses propres compétences n’a pas besoin de solliciter sans cesse ses parents au quotidien. Il sait de quoi il est capable. Et, surtout, il sait qu’à force de patience et de persévérance, il peut réussir.

En fait, comme il a pris l’habitude, depuis son plus jeune âge, à faire confiance à ses capacités, il se lance, dès qu’il se sent prêt et sans hésiter, dans de nouveaux défis (s’asseoir, se mettre debout, marcher, etc.).

Un sacré atout dans sa vie future, vous ne pensez pas ? Eh, oui, comptant essentiellement sur lui-même depuis toujours (on reste bien entendu présent pour le soutenir et assurer sa sécurité), il fera certainement plus facilement face aux éventuelles épreuves qu’il pourrait traverser.

 

La prudence

Une autre constatation qui a pu être réalisée en observant un enfant qui peut bouger librement, c’est qu’il connait mieux ses limites et se place rarement dans une situation compliquée ou une position qu’il ne maîtrise pas. Il est naturellement prudent.

 

La capacité d’autorégulation

Ouh-là ! Mais qu’est-ce que c’est que ça ? C’est très simple, c’est la capacité de l’enfant à gérer son rythme biologique. Une nouvelle fois, les expériences d’observation réalisées par des psychologues de la petite enfance ont révélé des choses étonnantes.

En fait, les bébés possèdent une capacité d’autorégulation qui leur permet de régler eux-mêmes moments d’éveil et de récupération. Si un adulte ne les bouscule pas, ils gèrent leur rythme en marquant des temps d’arrêt dans leur activité quand un besoin de récupération se fait sentir.

L’avantage ? Je pense que vous l’avez compris. Combien de fois votre enfant s’est mis en quête de lutter contre le sommeil alors qu’il était plus qu’évident qu’il était exténué ? Trop souvent, on est d’accord ! ???? Et le résultat était alors toujours inévitable : nervosité, pleurs incontrôlés (et incontrôlables), etc.. Bref, un grand moment de stress pour tout le monde.

Eh, bien, grâce à la motricité libre, le bébé fatigué reste calme et se met en position de repos. Bien entendu, si vous constatez que le temps d’arrêt dure un peu trop, c’est signe qu’il a besoin d’une vraie dose de sommeil. Vous pouvez alors le coucher en lui expliquant qu’il est fatigué et qu’il a besoin de dormir.

A ce propos, si vous avez envie de coupler quelques principes Montessori avec la motricité, voici une astuce que nous avons adoptée dans la famille Tofu : le lit au sol. Ça permet à bébé de se déplacer jusqu’à son lit de lui-même pour se reposer lorsqu’il est fatigué. Pratique, non ?

 

Les fausses bonnes intentions qui vont à l’encontre de l’activité libre | Les pièges à éviter

En tant que parents, c’est instinctif, on a tendance à surprotéger nos enfants et on a sans cesse envie de les aider à traverser les étapes de leur développement. Souvent trop rapidement.

Pourquoi ? Il y a plein de raisons : la compétition inavouée qui existe entre parents (la course à la « première fois » : première dent, premier sourire, premiers pas…), les normes de développement (à quel âge l’enfant est-il censé faire ceci, cela), etc..

Bref, on a toujours envie de guider bébé avec la conviction qu’il en a besoin. Et pourtant… En anticipant ou en guidant certains développements, on place l’enfant dans une position difficile qu’il ne maîtrise pas et qui risque davantage de freiner la bonne évolution de notre petit ange.

Voici 2 (mauvaises) habitudes qui paraissent anodines et bienveillantes mais qui peuvent avoir des conséquences fâcheuses.

 

Mettre bébé assis avant qu’il ne se sente prêt

Qui n’a pas eu ce réflexe : installer des tas de coussins autour de bébé pour le maintenir assis, et le regarder, tout sourire, réagir à cette expérience.

En fait, en plaçant votre bébé dans cette position qu’il ne maîtrise pas, vous créez chez lui une tension à tous les niveaux : dans sa tête (il a peur de bouger car il n’a pas choisi cette position de lui-même et il se retrouve plongé dans l’inconnu) et dans son corps (assis trop tôt, maintenir cette position lui demande un effort important d’équilibre).

En fait, au lieu d’être émerveillé par la découverte d’un monde vu à la verticale, votre nourrisson est crispé et angoissé.

 

Aider bébé à marcher en le tenant par la main

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Là c’est pareil, c’est un réflexe pour nous, parents. On se dit tous que c’est dans l’ordre des choses et qu’on répond simplement à une demande de notre enfant.

Eh, bien, pas du tout. Quand on réfléchit bien, ce n’est pas bébé qui est venu chercher notre petit doigt. C’est plutôt nous qui l’avons incité à attraper notre main en lui tendant et en lui disant « Allez, on marche ? »

Le souci, c’est que ce geste rempli de bienveillance crée involontairement un sentiment de dépendance chez bébé qui imagine que sans notre aide, il n’est pas capable…
 

Si vous ête intéressé, voici le lien d’un article plus détaillé sur ce sujet : Motricité libre : pourquoi ne faut-il pas faire marcher bébé ?

Pour la petite histoire, nous n’avons jamais fait marcher Petit Panda et il a développé une certaine aisance physique par la suite. Par exemple il a commencé la draisienne à 20 mois et, à peine âgé de 2 ans, il s’est mis à descendre les petites pentes sur le skatepark. À 2 ans et demi, il pouvait aisément descendre la grande pente que vous pouvez voir sur la photo en face de lui.

Motricite Libre draisienne 2 ans
Petit Panda sur la draisienne à 2 ans et demi

Alors, laissons bébé découvrir lui-même ses possibilités, il n’en sera que plus épanoui, et nous aussi ????

 

Bébé grandit : faire rimer liberté avec sécurité

Ça y est, bébé marche, génial ! Ce n’est pas pour autant que la motricité libre n’a plus sa place dans votre quotidien. Au contraire, c’est le moment, si ce n’est pas déjà fait, de lui aménager un espace bien à lui, dans lequel il va pouvoir bouger librement et faire de nouvelles expériences. Les professionnels l’appellent la bougeothèque.

Votre enfant pourra y pratiquer le jeu libre, qui comme son nom l’indique, lui permet de jouer en toute autonomie à une activité qu’il aura lui-même choisie.

Dans la famille Tofu, nous avons aménagé un espace sécurisé dans la maison (sa chambre) en plaçant des meubles adaptés à la taille de Petit Panda. Il peut y jouer librement, sans danger.

Ainsi, tout ce qui est dans sa chambre est à portée de sa main. Nous avons toujours rangé tous ses livres et jouets dans une étagère à sa taille (40 cm de haut). Par ailleurs, il s’est aussi servi de cette étagère basse comme support pour apprendre à se mettre debout et ensuite développer la marche. En mettant un lit au sol façon Montessori, il pouvait y monter et en descendre tout seul dès qu’il a commencé à marcher à quatre pattes.

Un vrai plaisir pour papa Jo et moi de le voir s’épanouir autant !

Par la suite, nous avons petit à petit aménagé les autres espaces de la maison pour les adapter à son développement. Si on prend l’exemple des repas, nous avons disposé ses verres et ses assiettes (en verre et porcelaine) à portée de sa main dans la cuisine. De cette façon, il a commencé à nous aider à mettre la table dès qu’il avait la marche assuré (vers 16 mois).

Bon, là, je suis sûre que certains d’entre vous se disent : “du verre et de la porcelaine à un bébé ! Mais c’est un peu dangereux, non ? “. Eh, bien, non. On en revient à la confiance et à la prudence. Comme nous avons expliqué à Petit Panda que certains objets pouvaient casser, il faisait très attention. Alors, oui, il y a bien eu un ou deux accidents, mais, entre nous, même en tant qu’adulte, il nous arrive d’avoir un geste maladroit, n’est-ce pas ! 😉 Ce qui est sûr, c’est que Petit Panda n’a jamais volontairement jeté de la vaisselle par terre.

En conclusion : comment mettre en pratique la motricité libre à la maison ?

  • Ne jamais mettre bébé dans une position qu’il ne maîtrise pas
  • Laisser l’enfant évoluer à son rythme.
  • Préparer l’environnement.
  • Limiter le temps passé dans un transat ou une poussette.
  • Habiller bébé avec des vêtements confortables.
  • Le laisser évoluer pieds nus ou avec des chaussons en cuir souple (pour que bébé puisse bien sentir le sol avec son pied et prendre appui sans la contrainte des chaussures rigides).
  • Et la dernière chose, même si notre rôle n’est pas d’intervenir, notre présence, notre attention et nos encouragements restent bien entendu essentiels aux yeux de bébé ???? Donc, restez en mode observation pendant ses prouesses, à la fois pour veiller à ce que tout se passe bien, mais aussi pour instaurer une solide relation de confiance entre vous et votre petit ange.

 

motricité libre pied nu nature-et-famille

 

Pour aller plus loin sur le sujet motricité libre, quelques livres intéressants :

L’éveil de votre enfant : Le tout-petit au quotidien
Chantal de Truchis-Leneveu
Grandir Autonome
Emmi Pikler
Your Self–Confident Baby
Magda Gerber
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